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Café-livres du 15 mai 2019

Encore une fois, vous vous êtes surpassés et nous avons été gâtés par le choix et la diversité de vos coups de cœur : romans, peinture, poésie.... Tellement, que nous n'avons pu nous déterminer pour faire notre sélection ! Peu importe, l'émotion et l'envie étaient au rendez-vous.

       PROCHAIN CAFE LIVRES LE MERCREDI 12 JUIN 2019 DES 9H

Maguie : Maximes et pensées    par Denis Diderot


Maguie nous a lu une des nombreuses maximes de Diderot. Ce recueil l'accompagne tout au long de sa vie et l'aide à avancer au quotidien.

« Les injustices de devoir et de décence, lorsqu'on est riche, ne doivent-elles pas, dix fois par jour, faire venir les larmes aux yeux de quiconque a le moindre principe de bienfaisance et d'humanité ? »

 


Christiane : Ecoute le chant du vent suivi de Flipper 1975     par Haruki Murakami

 

Un étudiant de retour dans sa ville natale use tous les soirs les sièges du bar local. Là, autour d'une assiette de frites, lui et son meilleur ami « le Rat » lisent, écoutent de la musique, philosophent, regardent le temps passer, profitent de ces soirées douces et chaudes... Jusqu'au jour où surgit une femme mystérieuse, farouche, attirante, qui n'a que quatre doigts...

Flipper, 1973
Le narrateur d'Écoute le chant du vent est désormais traducteur en freelance. Ressassant les souvenirs d'une ex-petite amie qui s'est suicidée, des manifestations étudiantes auxquelles il a assisté, il est perdu dans le passé. La nostalgie l'envahit et avec elle, le souvenir obsédant d'un vieux flipper qu'il adorait...

Jeannine R. : Ensemble c'est tout     par Ana Gavalda

Un trio improbable, Camille, femme de ménage et artiste peintre, Philibert, vendeur de cartes postales et aristocrate fan d'Henry IV, Franck, cuisinier, saucier en chef et collectionneur de motos et de nanas Et puis, il y Paulette, mal-aimée et pleine de peurs Une vieille dame placée en maison de retraite car elle est trop « faible », qui ne peut plus s'occuper d'elle. Elle veut vivre, elle veut aimer et passer ses derniers jours dans ce qu'elle a de plus cher au monde : son jardin. L'histoire de ces personnages fragilisés, au bord du gouffre, qui se relèvent par des seules béquilles humaines, pourtant déjà chancelantes. Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever.


Hélène :       L'argent    par Marie Desplechin et illustré par Emmanuelle Houdart

Album ovni, pour Ado, autour du thème de l'argent comme l'indique le titre laconique, direct et provocateur. Pourtant, cette histoire nous parle d'amour, celle d'un mariage où chaque membre de la famille et participants vont évoquer leurs rapports à cette famille et à l'argent.
L'argent est un thème peu abordé en littérature de jeunesse et encore moins dans les albums.
Ici nous avons à faire à une succession de portraits magnifiquement et intelligemment illustrés par Emmanuelle Houdart, où chaque personnage est dépeint avec une certaine cruauté et entouré de symboles avec leur rapport à l'argent.
Les textes brillants et abrupts de Marie Desplechin, sont des monologues de chaque individu autour de leurs relations aux futurs mariés et à l'argent, qu'elle soit un but à atteindre, un idéal de vie ou une frustration.
Tabou par de nombreux points de vue, du personnage vénal en passant par le Robin des bois ou le vagabond solitaire, le sujet est bien traité et pourrait servir de support pédagogique pour aborder ce thème auprès de collégiens

Isabelle :     Le Juge d'Egypte     par Christian Jacq

Sur le plateau de Guizeh, sous l'ail sévère du Sphinx, cinq ombres pénètrent dans le passage secret qui mène à la Grande Pyramide.
Là se trouve le testament des dieux, symbole de la légitimité de Pharaon. En le dérobant, les conspirateurs font à l'Égypte et à Ramsès II la promesse du chaos... Chargé de l'enquête, le juge Pazair va devoir investir toute sa hargne, son idéalisme et son intégrité contre des adversaires nombreux et hauts placés. Bientôt, les sept plaies d'Égypte semblent s'abattre sur ce dernier des justes..

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Nicole :      La fille de Brooklin    par Guillaume Musso
                   Déjà commenté en novembre 2017 –

A Antibes, Raphaël et Annavont se marier dans quelques semaines. Au moment où il insiste pour qu'ils ne se cachent rien, elle lui révèle une photo qui dévoile un aspect de sa personnalité qui apparaît comme démoniaque à son fiancé. Là commence l'aventure et ses rebondissements multiples qui vont nous conduire à Paris, en Alsace, à Brooklyn et d'autres endroits des USA

Odile :      Sérotonine    par Michel Houellebeck
On n'a jamais assez dit à quel point la prose de Houellebecq est drôle, et là, c'est clairement son roman le plus drôle. Le livre est parsemé de saillies drolatiques, violentes, provocatrices ; on connait le goût de Houellebecq pour le politiquement incorrect et même si parfois c'est gratuit, cette mauvaise foi fait du bien même si on n'en partage point les vues, emplies d'ironie noire, qui font presque systématiquement mouche grâce un style d'une maitrise très efficace.
La saisie du contemporain est d'une rare acuité. Il met en scène la révolte des abandonnés, non pas les gilets jaunes, mais leurs frères jumeaux, les agriculteurs, qui affrontent violemment les CRS. Le livre est complètement au diapason du malaise qui saisit la France (mais écrit bien avant l'explosion Gilets jaunes), de la désespérance paysanne, un livre politique donc qui tire à boulets rouges sur l'ultra-libéralisme et la complicité de l'Union européenne qui l'accompagne, avec une empathie totale à l'égard des agriculteurs.

Martine :          L'amie prodigieuse » d'Elena Ferrante
                         (déjà commenté en nov 2016)
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.
Formidable voyage dans l'Italie du boom économique - portrait de deux héroïnes inoubliables.

Alexandre :       Un été avec Homère par Sylvain Tesson
                         (déjà commenté en novembre 2018)
L'auteur réussit dans cet ouvrage court, agréable et pertinent à nous promener dans les grands thèmes d'Homère qui nous le rendent finalement aussi proche que fabuleux.
La thèse principale est que rien n'a changé depuis Homère, l'homme serait toujours le même personnage, misérable ou grandiose, médiocre ou sublime, casque sur la plaine de Troie ou attendant l'autobus sur les lignes du siècle XXI ».
L'Iliade et l'Odyssée balaient des problématiques toujours d'actualité : la guerre est toujours présente, la paix n'est qu'un intermède qu'il est gravissime de considérer comme définitif. Sa violence est excessive et l'auteur fait le parallèle avec la façon dont nous traitons la planète : « le tombereau de déchets sous lequel nous ensevelissons la planète ne ressemble-t-il pas à ces charretées de corps versées par Achille dans le fleuve ? »
Ulysse échoue sur l'île des Lothophages, lesquels offrent à l'équipage une plante, douce comme le miel, le loto. Ce délice masque un poison qui vide l'homme de toute énergie, anesthésie toute volonté, l'accoutume à flotter dans une semi-présence, agréable, stérile. Après tout, les heures que nous passons hypnotisés par les écrans digitaux, oublieux de nos promesses, distraits de nos pensées, indifférents à notre corps, ressemblent aux heures hagardes des marins d'Ulysse sur l'île empoisonnée.

Jeannine S. :          Les noces barbares par Yann Quéffec

Une femme peut-elle aimer son enfant lorsque celui-ci est le fruit d'un viol ?
C'est ce sujet douloureux que nous propose l'auteur dans ce très beau roman plein de force et de pudeur.
Nicole, adolescente trop crédule se laisse séduire par un militaire américain qui la viole avant d'en faire profiter ses copains.
Lorsque Ludo vient au monde, il représente la honte absolue pour la famille de la jeune fille qui le cache dans un grenier jusqu'au mariage de sa mère avec Micho, un brave homme auprès duquel l'enfant trouvera un semblant d'amour.
C'est l'histoire d'un môme qui n'aurait pas dû naitre, qui n'a pas de place dans l'existence. Qui mendie désespérément l'amour maternel, cherchant à se plier à ses quatre volontés, attiré par sa lumière et sa beauté comme un papillon de nuit. Mais qui n'obtient jamais un geste de tendresse, ni même d'attention

Geneviève :      LE CAVALIER BLEU – PARIS L'ORANGERIE 2019
Se reporter au dossier PDF afin d'y trouver les photos sélectionnées par Geneviève

(voir également l'exposition L'orangeraie sur internet)

- Mouvement de l'Expressionnisme allemand du début du XX ième siècle ,
« Le cavalier bleu » ne vécut que 3 ans à cause de la mort prématurée des 2 artistes sur le champ de bataille durant la guerre de 14-18 .
Franz MARK a alors 36 ans et August MACKE 27ANS

- Leur maître en peinture, Vassily KANDINSKY aura une influence déterminante sur l'évolution de leur art vers l'abstraction.
- Leur amitié naît en 1910 d'un intérêt commun pour l'art français, peinture, gravures, estampes
et plus particulièrement d'un goût pour les peintures de Cézanne, Van Gogh, Gauguin et le fauvisme.
- Pour l'un, Franz MARK, c'est la primauté de la Nature avec ses animaux favoris, chevaux, chats, chiens, renards.
- Pour August MACKE, c'est le même souci de la valorisation de la Nature, la fascination pour
les paysages mais avec des personnages toujours présents. les couleurs déjà à vives chez Mark
sont encore plus appuyées, plus éclatantes, la touche plus large ...
Tous deux défendent la fusion des arts et la traduction en peinture d'émotions Intérieures fortes
et de messages idéologiques que l'on peut justifier par une crainte marquée face à
l 'industrialisation effrénée de l'époque.
Coloristes, ils refusent l'académisme des personnages figés et des couleurs ternes.
Avec des formes stylisées et le jeu des couleurs ,ils eurent une influence considérable
sur le développement de l'art moderne, plus précisément sur la naissance de l'abstraction

Agnièle :         Entre deux mondes   par Olivier Norek
Ce roman met des noms et des visages sur des migrants, les rendant attachants
et profondément humains. L'horreur de leur situation nous saute aux yeux.
On a «l'habitude» en parlant des migrants d'entendre des chiffres et les désagréments que cela engendre. Norek nous met le nez dans nos propres contradictions, combien de temps encore allons-nous laisser faire...
Entre deux Mondes, effectivement d'un côté, un monde en paix, riche et apaisé, de l'autre, la guerre, la fuite, la violence et l'horreur.
La «jungle» de Calais ici extrêmement bien décrite est le symbole de cet entre- deux... Ces deux êtres voguant sur l'océan de leur destinée, qui ne maîtrisent rien, qui ne demandent qu'à se construire une vie meilleure, loin du sang et des souffrances. Et cet enfant,  cet enfant, son histoire, son courage... Ces deux solitudes qui un jour se rencontrent dans la Jungle de Calais et unissent leurs forces avec tendresse et discrétion, sans s'avouer les choses, sans poser les mots, juste parce qu'ils sont deux êtres humains qui se battent pour vivre et pour qui tendre la main est une simple évidence. Et au milieu de tous ces personnages, ce flic qui s'interroge et tente de comprendre comment et pourquoi, tout aussi humain que les autres, avec ses failles et sa bienveillance.

                      -La confession      par John Grisham (voir dossier en PDF)

 

Anny :            Le lambeau    par Philippe Lançon

L'expérience dont il parle, chacun la connaît, elle nous a tous ébranlés, secoués, ravagés, mais Lançon est un des seuls, avec deux malheureux collègues de Charlie, à l'avoir éprouvée dans sa chair- et ce sont les termes qui conviennent, car la chair ici n'est pas une métaphore- : il s'agit du massacre de l'équipe de rédaction de Charlie le 7 janvier 2015 par deux fanatiques allumés.
Remarquablement écrit, pensé, il va à l'essentiel, tout le temps, patiemment, urgemment. Il est d'une force, d'une authenticité, et d'une puissance rarement lues. Il faut le lire parce qu'on en sort réparé.
Réparer le temps, réparer le lien entre des mondes qui semblent, après l'attentat, définitivement disjoints. Réparer la mémoire. Réparer le cœur.
Réparer le corps. Réparer le lecteur aussi, accessoirement, tout secoué par sa lecture. Retrouver un sens et même un sens commun à cette épreuve individuelle unique et particulièrement barbare.

Lucienne :       La tête de l'emploi     par David Foenkinos

A 50 ans Bernard vit une série de catastrophes. Sa vie s'écroule comme un château de cartes. Une vie qui était pourtant réglée comme du papier à musique, sans fantaisie, sans surprise, sans ce petit supplément d'âme qui permet de sursauter, d'attendre, d'oser autre chose. Un confort molletonné, suranné, sans goût ni grâce! La routine à l'état pur. La routine qui tue l'amour! Ce n'est pas sans payer un lourd tribut qu'il va sortir de ce ronron. Une sorte de coup de pied magistral va le propulser dans un premier temps à l'état de néant. Rien de plus désastreux ne peut lui arriver. Situations complètement burlesques et à des années lumières de la "vraie vie" c'est un bon moment de détente sans prétention, sans prise de tête.  Foenkinos nous invite à rire du malheur des autres, ce n'est pas si courant

                              -Foutez vous la paix et commencez à vivre    par Fabrice Michel

Juliette :           Les filles de la mer          par Mary Lynn Bracht

Sur l'île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite soeur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée.
Un jour, alors qu' Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat.
2011, Emi a 77 ans, et depuis trois ans elle participe à des manifestations qui ont pour but de réclamer la reconnaissance par le gouvernement japonais du crime de guerre commis sur des milliers de femmes. Elle cherche sa sœur dont elle a perdu la trace, c'était il y a longtemps, emmenée par les Japonais et qui n'est jamais revenue. Sa soeur qui s'est sacrifiée pour la sauver.
Depuis l'invasion de la Corée en 1931 par les japonais jusqu'à la fin de la guerre, en 1945, nombre de vies ont été détruites ou perdues, l'auteur rend un hommage vibrant à ces " femmes de réconfort" exploitées par les japonais, kidnappées, piégées, vendues comme "esclaves sexuelles "par l'armée japonaise durant la période de « l'assimilation » de la Corée par le Japon. L'auteur influencée par les souffrances endurées par sa mère et des milliers d'autres femmes expatriées met en lumière ces faits trop longtemps ignorés....

 

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