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Café livres du 20 mars 2019

Prochaine rencontre de café-livres de 9h à 10h30:
mercredi 15 mai 2019

Beaucoup d'absentes ce matin, mais le choix de livres et leur diversité n'en a pas pâti. Comme le démontre le compte-rendu ci-après.

Lectures présentées ce jour :
Les livres marqués par *** ont fait l'objet de votre sélection.

Maguie : Les gratitudes par Delphine le Vigan
Vieillir, c'est apprendre à perdre. »
Perdre des gens qu'on aime, forcément, c'est mathématique.Mais aussi ses facultés physiques et mentales.
« Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais. Se réajuster. Se réorganiser. Faire sans. Passer outre. N'avoir plus rien à perdre. »
A 80 ans passés, Michka perd quelque chose.
Quoi ? Elle ne sait pas exactement. La mémoire, les mots. Et cet effacement la terrorise : « Et puis ça ne sert à rien tout ça, je sais très bien comment ça va finir. A la fin, il n'y aura plus rien, plus de mots, tu comprends, ou bien alors n'importe quoi, pour remplir le vide. »
Dans son Ehpad, deux personnes viennent lui rendre visite : Marie, une jeune femme qui lui doit beaucoup, et Jérôme, l'orthophoniste, qui va tenter de l'aider à retrouver ses mots qui peu à peu se font la malle.
Chacun d'entre nous porte en lui cette fameuse gratitude. Chacun d'entre nous ne s'est pas senti à la hauteur de ce qui lui a été offert. Chacun d'entre nous est éternellement reconnaissant à quelqu'un ou quelque chose.

                               La vie qui m'attendait par Julien Sandrel  autre livre présenté par Maguie

Monique : Mano à mano par Françoise Bourdin

Oublier la Camargue et ses espaces, tout cet éblouissement. Ne plus y penser, ne prendre aucun risque, même pas celui de traîner des regrets. Mais c'était bien sur elle et non pas sur Jocelyn que Raphaëlle s'apitoyait. Se retrouver dans les bras d'un homme qu'on aime bien, qu'on aime à moitié, qu'on aime pour ce qu'il vous donne, il lui fallait enfin admettre que ça ne la rendrait jamais heureuse. Ou il aurait fallu ne pas s'infliger de tentations. Ne pas susciter de comparaisons.
Le mano à mano désigne la corrida au cours de laquelle les matadors ou les novilleros ne sont que deux pour combattre six taureaux. On comprend donc tout de suite qu'on va évoluer entre Camargue et Andalousie, chez les aficionados et dans le sang des arènes.
Les scènes de corrida sont tellement bien décrites par l'auteure qu'on a l'impression d'y assister et ça fait frémir. Il faut certainement habiter dans cette région pour comprendre et aimer ces traditions.

Isabelle : Eldorado par Laurent Gaudé

Piracci, capitaine de frégate solitaire, se rend compte du non-sens de sa vie ! Sauveteur patenté de ces forçats de la mer Nord-Africains toujours plus nombreux à vouloir rejoindre l'ile de Lampedusa, véritable sésame pour l'Europe, il n'en reste pas moins celui qui les confie aux divers centres de rétention, synonymes de retour au pays assuré, une fois sa mission accomplie. Sa seule échappatoire, démissionner pour tenter d'expier ses fautes passées et renaitre en ce pays qu'il ne connait que par les diverses nationalités qu'il arraisonne : l'Afrique !
Soleiman et Jamal sont frères. D'origine Soudanaise, ils prennent le parti d'un déchirant déracinement au profit d'une vie meilleure, ailleurs...Leur union fusionnelle fait leur force et leur donne le courage nécessaire à ce périple qu'ils savent dantesque, à défaut d'être mortel ! Quatre destins uniques, quatre trajectoires distinctes tendant vers un ailleurs sublimé, quatre brutales désillusions confrontées aux murs d'une réalité politique bien trop pragmatique pour leurs rêves idéalisés!
                                     Mon frère par Jamaican Kincaid  autre livreprésenté par Isabelle

Martine : L'ultime secret par Bernard Werber

L'histoire, est assez particulière car elle alterne en fait 2 histoires avec un personnage commun. La première se passe dans le présent où deux journalistes s'interrogent et enquêtent sur la mort « d'amour » d'un neuropsychiatre champion d'échecs. Qu'est-ce qu'implique cette mort ? N'est-ce pas en fait un meurtre parfait maquillé ? Et la seconde se déroule dans un passé plus ou moins proche, pas de date précise, où le neuropsychiatre vient de prendre en charge un patient dans son hôpital. Celui-ci a eu un grave accident dont il n'est pas sorti indemne, seuls son oreille gauche et son oeil droit fonctionnent correctement. Le médecin va se faire un devoir de l'aider afin, peut-être, qu'il retrouve ses anciennes facultés. Le but réel du médecin n'est pas vraiment explicite : veut-il le soigner ? Ou le patient est-il seulement un cobaye pour la science ?

Jeannine S. : Un don par Tony Morrison
À la fin du 17ème siècle, en Virginie, dans une des 13 colonies, on est à peu près un siècle avant la déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
L'auteur nous raconte dans ce contexte une histoire de femmes, de celles qui ont fondé un pays, dans la douleur et la terrible égalité de la servitude. En effet, débarquaient dans les colonies des gens qui ne l'avaient pas vraiment choisi, condamnés de droit commun, fils et filles vendus pour ne plus être à charge de leurs familles au pays, main d'œuvre exploitée, non payée, et brutalisée comme les esclaves africains, dans les plantations
Autour de Rebekka qui a fait la traversée pour épouser Jakob, le commerçant, se regroupent Lina, la servante amérindienne, Sorrow , la métisse naufragée, Florens la petite esclave africaine donnée par sa mère . Une drôle de famille à l'écart d'une communauté, où se jouent des solidarités, de l'entraide dans les travaux de la ferme, des tragédies, des jalousies aussi.
On découvre le destin de ces personnages de l'intérieur de l'univers de chacune, leur regard sur le monde, et les hommes, un très beau texte, pas simple, certes, mais avec aussi un éclairage original sur l'histoire de l'esclavage, et les violences faites aux femmes.

Agnièle : J'ai dû rêver trop fort par Michel Bussy
« J'ai dû rêver trop fort", un titre emprunté à la chanson "Vertige de l'amour" d'Alain Bashung, peut se lire à la fois comme un poignant roman d'amour et un thriller machiavélique à l'intrigue bien ficelée comme l'auteur en a le secret.
Nathalie (ou Nathy pour les intimes),est hôtesse de l'air de 53 ans, mariée et mère de deux grandes filles. Elle revit étrangement tout ce qu'il s'est passé 20 ans plus tôt : son planning de vol avec une première escale à Montréal, puis Los Angeles, puis Barcelone et enfin Jakarta. Plein de coïncidences se réalisent et il y a forcément quelqu'un derrière tout ça, mais qui ? Qui veut lui faire revivre le passé et sa rencontre avec Yl ?

Odile : Né d'aucune femme par Franck Bouysse

Maintes fois le père Gabriel, au confessionnal, a entendu les mêmes paroles. Aussi, lorsqu'une voix fluette, à peine voilée, lui demande de bénir le corps d'une femme à l'asile et de récupérer par là même des cahiers cachés sous la robe de la défunte, il est fort étonné. Et c'est en compagnie de Charles, le sacristain, que Gabriel se rendra à l'asile, bénira Rose et emportera les cahiers... Des cahiers emplis de confessions...
Des années auparavant, Rose, l'aînée des quatre filles, a 14 ans. C'est elle qui, aujourd'hui, accompagne son père au marché. Un gros type parlemente avec ce dernier, marchande, s'énerve un peu. Rose ne le sait pas encore mais c'est d'elle dont il est question. Vendue pour quelques pièces qui devraient permettre à la famille de sortir de la misère. Avant même qu'elle ait pu dire au revoir à son père, la voilà embarquée dans la carriole. Direction Les Forges où l'attend une nouvelle vie... À travers les yeux du père Gabriel qui découvre les confessions de Rose, l'on suit le destin de la jeune fille, dans la campagne française de la fin du XIXème siècle. L'auteur dresse le portrait ô combien touchant et empli d'émotions de celle-ci, vendue à un riche maître et dont la vie va basculer sous l'emprise de ce dernier et de sa mère.

Christiane : Les enfants du fleuve par Lisa Wingate
Bien sûr que c'est horrible un commerce d'enfants, de petites personnes vulnérables. N'est-ce pas toujours le cas lorsque le récit est, de surcroit, basé sur des faits réels et nous démontre que ce trafic était organisé à grande échelle, cautionné par les élites et a duré plus de 30 ans ?
Memphis 1939, la bien établie Société des foyers d'accueil du Tennessee sévit et ratisse large. Elle doit recueillir les enfants abandonnés ou orphelins mais l'ambition et la cupidité de sa présidente, Georgia Tann, mèneront cette société plus loin, bien au-delà de la décence et de la morale.
Caroline du sud de nos jours. C'est ainsi qu'Avery Stafford, perd un bracelet hérité de sa grand-mère, au cours d'une visite officielle dans une maison de retraite. Le bijou lui est cher, assez pour tenter de la récupérer. C'est alors que le doute s'insinue : qui est cette vieille dame qui prétend que le bracelet lui appartient. Et pourquoi a-t-elle une photo sur laquelle l'un des personnages ressemble à sa grand-mère? Et ce n'est pas celle-ci qui pourra l'éclairer, puisqu'elle se bat avec la disparition de ses souvenirs.

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Hélène :  La tête en friche par Marie Sabine Roger ***
« J'ai décidé d'adopter Marguerite. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir. »
Germain a 45 ans. Il mène une vie tout à fait ordinaire avec ses copains et Annette, sa compagne. C'est un gros malabar qui pèse plus de 100kg.
Un jour en comptant les pigeons, assis sur un banc, il rencontre une petite dame âgée, Margueritte, qui vit dans la maison de retraite un peu plus loin, et cette rencontre va changer sa vie. Pourtant Germain n'est pas du genre à parler aux vieilles dames. Humilié durant son enfance, il a fait un rejet total de la lecture, de l'écriture, de la culture tout court, et n'arrive jamais à trouver les termes adéquats pour dire ce qu'il pense. Conclusion : tout le monde le prend pour un barjot alors que c'est un vrai gentil.
Margueritte, par son empathie et son tact, réussit à toucher son intelligence et à faire éclore son envie d'apprendre et de lire.
« Je repense à ce mot « inculte : qui n'est pas cultivé (voir friche)», qui m'était venu dans la tête un jour pendant que je parlais avec Marguerite. Et au rapport qu'il y a entre la culture des livres et l'autre, celle des topinambours.
Faut pas croire, c'est pas parce qu'on ne cultive pas un terrain qu'il n'est pas bon pour les patates ou autres. Ce qui me fait aller vers cette conclusion, que, pour les gens, c'est du pareil au même : c'est pas parce qu'on est inculte, qu'on est pas cultivable. Il suffit de tomber sur un bon jardinier. Réfléchir, ça m'aide à penser. »

                           Le grand livre de la méchanceté par Pierre Drachline  autre livre commenté par Hélène 

 

Alexandre : Mémoires d'Hadrien par Marguerite Yourcenar
Une visite à Hermogène, son médecin, vient d'apprendre à l'empereur Hadrien sa mort prochaine, d'une maladie de coeur.
Hadrien commence alors la rédaction d'une lettre à Marc-Aurèle. Il y relate sa vie, son règne, ses passions; mais aussi ses défauts. Il raconte aussi à Marc-Aurèle la civilisation romaine, telle qu'un empereur romain fasciné par la Grèce peut la percevoir. Car Hadrien a passé beaucoup de temps chez les Grecs, ce qui a sans doute contribué à faire de lui l'homme qu'il est devenu.
Honnête envers lui-même tout comme envers son correspondant, Hadrien avoue aussi ses faiblesses, telle que sa passion pour Antinoüs et la douleur que la mort de celui-ci lui a infligé.
Le récit, écrit en "je" donne vraiment l'impression que c'est Hadrien lui-même qui s'exprime, et non l'auteure. Mieux encore, au fil du texte, l'on oublie que c'est à Marc-Aurèle que l'empereur s'adresse: le lecteur est attiré dans l'esprit d'Hadrien jusqu'à avoir l'impression qu'il lui parle de son existence, qu'il lui permet de pénétrer dans son intimité, lui qui fut l'un des César. On se sent également transporté à son époque, à tel point qu'il est difficile, une fois le livre refermé, de revenir dans la réalité.
Peut-être ce sentiment est-il voulu par Marguerite Yourcenar, qui écrit à propos de ces "Mémoires":
"Portrait d'une voix. Si j'ai choisi d'écrire ces Mémoires d'Hadrien à la première personne, c'est pour me passer le plus possible de tout intermédiaire, fût-ce de moi-même. Hadrien pouvait parler de sa vie plus fermement et plus subtilement que moi.

Lucienne : Les souvenirs par David Foenkinos
Deux jours avant, il était encore vivant. J'étais allé le voir à L'hôpital du Kremlin Bicêtre, avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. Je l'ai aidé à boire avec une paille. La moitié de l'eau a coulé le long de son cou et mouillé davantage encore sa blouse, mais à ce moment-là, il était bien au-delà de l'inconfort. Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, et à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable
Johnny, le rebelle amoureux par Bernard Violet
(voir dossier résumé en PDF)

Juliette : Félix et la source invisible par Eric Emmanuel Schmitt
Félix vit à Belleville, avec sa mère Fatou. Elle tient un bistrot rebaptisé « Au boulot », à cause des clients, qui appelés au téléphone, répondent invariablement « être au boulot »
Clientèle fidèle et hétéroclite, faisant presque partie de la famille : Mme Simone, prostituée transsexuelle, Monsieur Sophronidès le philosophe indigné systématique, Belote & Rebelote un couple d'homosexuelles, Robert Larousse, ainsi nommé parce que sa passion est d'apprendre par cœur et par ordre alphabétique le dictionnaire, et enfin Félix, conçu avec le Saint Esprit.
A la suite d'une contrariété, Fatou sombre dans la dépression.
Elle qui incarnait la joie de vivre, la bonne fée des laissés pour compte, derrière le comptoir de son café de Belleville, est devenue une sorte de zombi.
Félix fait venir son oncle depuis le pays natal de sa mère, l'Afrique, afin de leur venir en aide.
Cela va être le début de la quête du petit garçon pour la sauver et retrouver ses racines et aussi le chant d'amour d'un garçon pour sa mère.
Ecriture séduisante pleine d'humanisme et qui jamais ne juge l'autre, qui tend vers la compréhension justement, l'acceptation de la différence Cet ouvrage s'inscrit dans le cycle de l'invisible de l'œuvre de l'auteur, et aborde spiritualité et quête de soi à travers l'autre.
Dans même esprit que » Oscar et la dame rose » et de « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », Eric-Emmanuel Schmitt interroge les mystères de l'animisme, la puissance des croyances et des rites issus d'une pensée spirituelle profondément poétique.
L'animisme, est la croyance en un esprit, une force vitale, qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu'en des génies protecteurs

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